
Le Spritz, c’est trois mesures de Prosecco, deux d’Aperol et un trait d’eau gazeuse, le tout servi très frais sur glace avec une demi-tranche d’orange. Voici nos recettes préférées, du classique vénitien aux variantes fruitées, pour transformer chaque apéro en moment d’été.
Le Spritz a conquis nos terrasses, et pour cause : ce cocktail orangé conjugue fraîcheur, légèreté et une amertume gourmande qui ouvre l’appétit comme aucun autre. Né dans les bars de Venise, il s’est imposé partout en France dès les premières chaleurs, des comptoirs parisiens aux jardins du Sud. Sa recette tient en trois ingrédients, mais ses variantes se comptent par dizaines.
Nous avons sélectionné les recettes qui méritent une place dans votre carnet d’apéro : le Spritz Aperol classique bien dosé, les déclinaisons avec Campari ou Limoncello, le Hugo à la fleur de sureau, et quelques versions plus inattendues. Avec, en prime, nos conseils pour choisir le bon Prosecco, des idées d’accords mets-vins, le verre adapté et les petites bouchées qui prolongent le plaisir.
Le Spritz, l’apéritif vénitien qui a conquis l’Europe
Le Spritz trouve ses racines au début du XIXe siècle dans la Vénétie, à l’époque où l’Empire austro-hongrois occupe la région. Les soldats autrichiens, peu habitués aux vins italiens chargés en alcool, demandent aux tenanciers de couper leur vin blanc avec un trait d’eau gazeuse. Spritzen, en allemand, signifie « asperger ». Le geste devient mode, le nom reste.
La recette moderne, telle qu’on la connaît, se popularise dans les années 1920 quand la famille Barbieri lance l’Aperol à Padoue. Mais c’est dans les années 2000 que le Spritz Aperol explose à l’international, porté par une campagne marketing italienne devenue iconique. Aujourd’hui, l’IBA (International Bartenders Association) l’a même classé parmi ses cocktails officiels.
À retenir : le Spritz n’est pas un cocktail unique mais une famille de cocktails construits autour de la même base, vin pétillant, bitter italien, eau gazeuse, glace.
La recette traditionnelle du Spritz Aperol
Voici la formule officielle, codifiée par l’IBA et reprise par tous les bars vénitiens. Elle tient en une règle facile à mémoriser : 3-2-1. Trois mesures de Prosecco, deux d’Aperol, une d’eau gazeuse. Servi sur glace dans un grand verre à vin, avec une demi-tranche d’orange.
Ingrédients pour un verre :
- 9 cl de Prosecco bien frais (DOC ou DOCG, brut ou extra-dry)
- 6 cl d’Aperol
- 3 cl d’eau gazeuse ou d’eau pétillante
- Une demi-tranche d’orange non traitée
- 4 à 5 gros glaçons
Préparation : remplissez un grand verre à vin (type ballon) de glaçons jusqu’en haut. Versez d’abord le Prosecco bien frais, puis l’Aperol, et complétez avec l’eau gazeuse. Mélangez très délicatement avec une cuillère longue, deux ou trois tours suffisent : on cherche à marier les saveurs, pas à casser les bulles. Glissez la demi-tranche d’orange dans le verre. Servez immédiatement.
L’ordre compte. Le Prosecco en premier protège les bulles ; si vous versez l’Aperol avant, il forme une couche dense au fond qui demande plus de mélange, donc plus de perte de pétillant.
Nos variantes préférées de Spritz à essayer cet été
Le Spritz Aperol reste la valeur sûre, mais la famille s’est largement étoffée ces dernières années. Voici nos déclinaisons coup de coeur, à essayer selon votre humeur et vos invités.
Le Spritz Campari, pour les amateurs d’amertume
Le grand frère plus sérieux de l’Aperol. Le Campari titre 25° contre 11° pour l’Aperol, et son profil est nettement plus amer, avec des notes de zeste d’orange, de quinquina et d’épices. La couleur tire vers le rouge cerise plutôt que l’orange solaire. Même dosage 3-2-1, même verre, même garniture orange. À réserver à ceux qui aiment quand ça pique gentiment.
Le Hugo Spritz, fraîcheur florale et menthée
Né dans le Tyrol du Sud en 2005, le Hugo a séduit la France entière. On remplace le bitter italien par 3 cl de sirop de fleur de sureau, on ajoute deux ou trois feuilles de menthe fraîche écrasées du bout des doigts, et une rondelle de citron vert. Le résultat est plus doux, plus floral, idéal pour ceux qui trouvent l’Aperol trop marqué. Notre coup de coeur pour les apéros entre copines au jardin.
Le Spritz au Limoncello, la touche solaire
Direction la côte amalfitaine. On remplace l’Aperol par 4 à 5 cl de Limoncello bien frais, on ajoute une rondelle de citron jaune et quelques feuilles de basilic. La bouche est gourmande, légèrement sucrée, citronnée à souhait. Parfait avec une mozzarella di bufala, des tomates cerises et un filet d’huile d’olive.
Le Spritz pêche et romarin, fruité et herbacé
Une variante française que nous adorons en juin-juillet, quand les pêches blanches sont mûres à point. Écrasez un quartier de pêche au fond du verre avec une branche de romarin, ajoutez 4 cl de liqueur de pêche (type Marie Brizard) ou de purée de pêche, complétez au Prosecco et finissez à l’eau gazeuse. La pêche apporte la rondeur, le romarin la touche méditerranéenne qui réveille tout.
Le Spritz cassis et thym citron, une touche bourguignonne
Notre clin d’oeil aux liqueurs françaises. 2 cl de crème de cassis de Dijon, une petite branche de thym citron, complété au Prosecco (ou pourquoi pas au crémant de Bourgogne) et un trait d’eau gazeuse. La robe vire au rose violacé profond, le nez exhale les fruits noirs, et le thym citron apporte une finale fraîche et inattendue.
Le Virgin Spritz, sans alcool mais pas sans plaisir
Pour ceux qui veulent profiter du moment sans le degré. On utilise du Crodino (apéritif italien sans alcool, cousin de l’Aperol) ou un soda à l’orange amère de qualité (Sanbittèr), allongé de tonic et d’eau gazeuse, avec la même rondelle d’orange. La fraîcheur et l’amertume sont au rendez-vous, sans la tête lourde le lendemain.
Choisir les bons ingrédients pour un Spritz réussi
Trois ingrédients, ça paraît peu, mais chacun compte. Un Prosecco médiocre, un Aperol tiède ou un verre mal choisi peuvent ruiner l’équilibre. Voici nos repères pour ne pas se tromper.
Prosecco ou crémant : que choisir ?
Le Prosecco reste l’option historique. Préférez un Prosecco DOC ou DOCG, en version brut ou extra-dry. Évitez les versions dry ou demi-sec, trop sucrées, qui déséquilibrent le cocktail. Comptez entre 8 et 14 euros la bouteille pour un Prosecco honnête : inutile de monter au-delà, les nuances aromatiques se perdent dans le cocktail.
Le crémant français fonctionne très bien en alternative. Un crémant de Bourgogne ou un crémant d’Alsace brut apporte plus de structure et un perlé plus fin que le Prosecco. C’est un excellent choix pour un Spritz plus sec, plus minéral. Le champagne, lui, est à éviter : trop typé, trop cher, il prend le dessus sur l’Aperol au lieu de le porter.
Aperol, Campari, Select : quelle amer italienne choisir ?
Les trois grandes familles d’apéritifs amers italiens donnent trois Spritz très différents. L’Aperol (11°), le plus doux, est le choix par défaut : amertume tendre, notes d’orange et de rhubarbe. Le Campari (25°) est plus alcoolisé et nettement plus amer, presque médicinal pour qui n’a pas l’habitude. Le Select, marque vénitienne historique, se situe entre les deux avec une touche plus florale et un profil très épicé en finale.
Notre conseil : commencer par l’Aperol pour s’habituer au profil bitter, puis tester le Select pour gagner en complexité, et passer au Campari une fois le palais aguerri.
Le bon verre et la garniture
Le Spritz se sert dans un grand verre à vin de type ballon, contenance 35 à 45 cl, rempli de glace. Le verre tulipe à champagne ne convient pas, il limite les arômes ; le tumbler bas non plus, il chauffe trop vite. La garniture officielle est la demi-tranche d’orange, pas une rondelle entière, qui surchargerait le verre. Une olive verte dénoyautée se voit parfois côté vénitien, en signature locale. Et les glaçons doivent être nombreux et gros : plus ils sont gros, plus ils fondent lentement, et plus votre Spritz reste équilibré jusqu’à la dernière gorgée.
Avec quoi servir un Spritz ? Nos accords à l’italienne
Un Spritz sans cicchetti, c’est comme un café sans soucoupe : on rate la moitié du plaisir. Les cicchetti, ce sont ces petites bouchées vénitiennes qu’on grignote au comptoir entre deux verres. À la maison, voici les associations qui fonctionnent à tous les coups.
Côté salé, misez sur la simplicité : olives vertes Castelvetrano, focaccia tiède au romarin, dés de parmesan affiné 24 mois, tranches fines de mortadelle ou de jambon San Daniele, taralli aux graines de fenouil. La pointe de gras et de sel répond à l’amertume du Spritz et prolonge la fraîcheur.
Pour aller plus loin, préparez des bruschettas légères : pain grillé frotté à l’ail, tomate cerise concassée, basilic, filet d’huile d’olive et fleur de sel. La tomate apporte sa propre acidité qui dialogue très bien avec les notes d’orange amère de l’Aperol. Pour un Spritz Campari, plus corsé, on monte d’un cran : anchois marinés, tapenade noire, fromages affinés type Pecorino sardo.
Notre règle d’or pour l’accord : plus le Spritz est amer, plus les bouchées peuvent être grasses, salées et iodées. Plus il est doux ou fruité, plus on reste sur des saveurs fraîches et légèrement acidulées.
Foire aux questions sur le Spritz
Comment faire un Spritz parfait ?
Trois règles à respecter. Premièrement, le dosage 3-2-1 : trois parts de Prosecco, deux d’Aperol, une d’eau gazeuse. Deuxièmement, beaucoup de glace, ajoutée avant les liquides : un verre rempli aux trois quarts de gros glaçons. Troisièmement, on mélange à peine, deux ou trois tours de cuillère suffisent pour préserver les bulles. Servir immédiatement, déguster lentement.
Quelle est la recette officielle du Spritz selon l’IBA ?
L’International Bartenders Association reconnaît le Spritz Veneziano depuis 2011. La recette officielle : 9 cl de Prosecco, 6 cl d’Aperol, 3 cl d’eau gazeuse, dans un grand verre à vin rempli de glace, avec une demi-tranche d’orange. Cette codification reprend la formule 3-2-1 historique.
Quelle est la différence entre l’Aperol et le Campari ?
L’Aperol titre 11° et propose une amertume tendre avec des notes d’orange douce, de rhubarbe et d’aromates. Le Campari titre 25° et offre un profil beaucoup plus amer, plus alcoolisé, avec des notes de zeste d’orange amère, de quinquina et d’épices. La couleur du Campari est aussi plus rouge, presque rubis, alors que l’Aperol tire vers l’orange solaire.
Peut-on faire un Spritz avec du champagne ?
Techniquement oui, mais nous le déconseillons. Le champagne a un profil aromatique trop affirmé (autolyse, brioche, minéralité) qui entre en conflit avec l’Aperol au lieu de le porter. Le Prosecco, plus neutre, joue son rôle de support discret. Si vous voulez monter en gamme sans aller au champagne, optez plutôt pour un bon crémant de Bourgogne ou d’Alsace en version brut.
Comment réussir un Spritz à la maison sans matériel de bartender ?
Pas besoin de mixologue. Il vous faut juste un grand verre à vin par convive, un bac à glaçons bien rempli, et un couteau pour les tranches d’orange. Sortez le Prosecco et l’Aperol du frigo au dernier moment, comptez environ 9 cl de Prosecco par verre (soit deux verres et demi par bouteille de 75 cl), et préparez vos Spritz un par un plutôt qu’en pichet : la dilution n’est pas la même quand on attend.
Quelle quantité d’alcool contient un Spritz ?
Un Spritz Aperol classique titre autour de 8 à 9° d’alcool, soit l’équivalent d’un verre de vin léger. Un Spritz Campari monte à 11-12°, l’équivalent d’un verre de vin courant. Le Hugo, avec son sirop de sureau et beaucoup de Prosecco, oscille autour de 7-8°. Les versions Limoncello peuvent monter plus haut, jusqu’à 13°, à cause du degré du Limoncello (entre 25 et 32°).
Combien de temps à l’avance peut-on préparer un Spritz ?
Le Spritz se prépare au moment de servir, jamais à l’avance. Les bulles du Prosecco s’éventent en quinze à vingt minutes, et la dilution par les glaçons est calibrée pour une dégustation immédiate. Ce que vous pouvez préparer en amont : mettre le Prosecco et l’Aperol au frigo, sortir les verres, couper les rondelles d’orange, sortir les glaçons. Tout se monte ensuite en trente secondes par verre, devant les invités.
Quel verre utiliser pour servir un Spritz ?
Un grand verre à vin de type ballon, contenance 35 à 45 cl, à pied court. Ce format permet de loger les gros glaçons sans tasser, d’aérer le cocktail pour libérer les arômes du bitter, et de tenir le verre par le pied pour ne pas réchauffer la boisson avec la main. C’est le verre standard adopté par tous les bars vénitiens et reconnu par l’IBA.